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Algorithmes Google

Sur-optimisation des ancres : ce que Google mesure vraiment

La sur-optimisation des ancres n’est pas mesurée comme un pourcentage dans les documents internes de Google. Elle est mesurée comme un pic, avec un début, une fin et un débit.

Le conseil circule partout : « ne dépassez pas 10 % d’ancres optimisées ». Personne ne dit d’où sort le chiffre, et pour cause — aucune source publique de Google ne le donne. La documentation interne rendue publique en 2024 décrit bien une mécanique de détection des ancres abusives, mais elle ne ressemble pas du tout à un pourcentage. Elle ressemble à une courbe.

Ce que Google conserve autour d’un lien

Avant la sur-optimisation, il faut voir ce qui est stocké. Un lien n’est pas réduit à son texte : la structure qui le décrit contient plusieurs champs autour de lui.

Ce qui est conserve autour d un lien Ce n'est pas le texte du lien qui est stocké, c'est son voisinage Champs de la structure qui décrit un lien, dépôt de mars 2024. le lien AnchorsAnchor text les mots de l'ancre, normalisés origText le texte tel qu'écrit fontsize aucun commentaire context2 empreinte des termes proches fullLeftContext le contexte à gauche fullRightContext le contexte à droite Trois champs sur six décrivent ce qui entoure le lien, pas le lien soigner l'ancre sans soigner la phrase qui la porte ne traite qu'une partie de ce qui est conservé Relevé des commentaires du dépôt. fontsize est nommé sans la moindre explication.
Les champs qui décrivent un lien dans le dépôt de mars 2024. Trois d’entre eux portent sur ce qui entoure le lien, pas sur le lien lui-même.

text : « Space-delimited anchor words. » — les mots de l’ancre, séparés par des espaces. origText : « Original text, including capitalization and punctuation. » — le texte d’origine, majuscules et ponctuation comprises. Les deux coexistent : la version normalisée et la version telle qu’écrite.

Vient ensuite ce que presque personne ne mentionne. context2 : « This is a hash of terms near the anchor. » — une empreinte des termes situés près du lien. Et deux champs fullLeftContext et fullRightContext, décrits comme « The full context. » — le contexte complet, à gauche et à droite.

Le texte autour du lien est conservé, pas seulement le texte du lien. C’est la conséquence la plus directement utile de cette section : soigner l’ancre sans soigner la phrase qui la porte revient à ne traiter qu’une partie de ce qui est stocké.

Un dernier champ, fontsize, est nommé sans aucun commentaire. La taille de police du lien est conservée ; ce qu’on en fait n’est écrit nulle part.

Le décalage entre l’ancre et la page est un champ de démotion

CompressedQualitySignals.anchorMismatchDemotion : « anchor_mismatch_demotion: converted from QualityBoost.mismatched.boost. » — une démotion liée à un décalage d’ancre, convertie depuis un autre protocole, et donc logée sur les mêmes dix bits que les autres signaux de cette structure.

Le nom donne le principe : quelque chose se déclenche quand le texte du lien ne correspond pas à la page visée. Le commentaire ne dit ni ce que « décalage » recouvre, ni à partir de quel écart, ni ce que la démotion retire.

Ce que Google écrit publiquement sur le sujet est plus utilisable, et va dans le même sens : « Good anchor text is descriptive, reasonably concise, and relevant to the page that it’s on and to the page it links to. » — un bon texte d’ancre est descriptif, raisonnablement concis, et pertinent pour la page où il se trouve comme pour celle vers laquelle il pointe. Noter la double exigence : pertinent pour les deux pages. La mise en pratique est traitée dans la méthode de maillage interne en cinq étapes.

La sur-optimisation n’est pas un pourcentage, c’est un pic

Voici le cœur du sujet, et il contredit frontalement le conseil des 10 %. Une structure entière, IndexingDocjoinerAnchorPhraseSpamInfo, est consacrée à la détection des ancres abusives — et ses champs sont presque tous temporels.

La detection des ancres abusives mesure un pic dans le temps Ce qui est mesuré, ce n'est pas une proportion : c'est un pic Champs de la structure consacrée aux ancres abusives. temps phraseAnchorSpamStart phraseAnchorSpamEnd les ancres créées ici sont marquées phraseAnchorSpamRate débit quotidien moyen phraseAnchorSpamDays sur combien de jours 80 % phraseAnchorSpamCount parmi des domaines uniques phraseAnchorSpamFraq la part de toutes les ancres Le seul champ qui ressemble à un pourcentage est le quatrième. Les trois premiers mesurent le temps. Schéma de principe : la courbe illustre un pic, elle ne reproduit aucune donnée réelle.
La détection des ancres abusives mesure un pic : début, fin, débit quotidien et concentration. Schéma de principe ; la courbe ne reproduit aucune donnée réelle.

Le commentaire qui chapeaute l’ensemble donne l’intention : « Following signals identify spike of spammy anchor phrases. Anchors created during the spike are tagged with LINK_SPAM_PHRASE_SPIKE. » — les signaux suivants identifient un pic de phrases d’ancre abusives ; les ancres créées pendant le pic sont marquées d’une étiquette dédiée.

Les champs, un par un.

phraseAnchorSpamStart et phraseAnchorSpamEnd : « Time when anchor spam spike started » et « ended with padding » — le moment où le pic commence et celui où il se termine, avec une marge.

phraseAnchorSpamRate : « Average daily rate of spam anchor discovery. » — le débit quotidien moyen de découverte d’ancres abusives.

phraseAnchorSpamDays : « Over how many days 80% of these phrases were discovered. » — sur combien de jours 80 % de ces expressions ont été découvertes. C’est une mesure de concentration dans le temps.

phraseAnchorSpamCount : « How many spam phrases found in the anchors among unique domains. » — combien d’expressions abusives trouvées, parmi des domaines uniques.

phraseAnchorSpamFraq : « Spam phrases fraction of all anchors of the document. » — la fraction que ces expressions représentent dans l’ensemble des ancres du document. C’est le seul champ de la structure qui ressemble à un pourcentage, et il arrive après quatre mesures temporelles.

phraseAnchorSpamPenalty : « Combined penalty for anchor demotion. » — la pénalité combinée. phraseAnchorSpamDemoted et phraseAnchorSpamProcessed : le nombre d’ancres démotées et le nombre d’ancres observées.

Ce que ça établit. Le mécanisme décrit ne regarde pas un état, il regarde une dynamique : quand, pendant combien de temps, à quel débit, depuis combien de domaines distincts. La proportion n’est qu’un champ parmi neuf.

Ce sont les ancres du pic qui sont marquées, pas forcément le site

La phrase la plus importante du dossier tient en une ligne, et elle change la lecture de tout le reste : « Anchors created during the spike are tagged. » — les ancres créées pendant le pic sont marquées. Ce sont les ancres qui reçoivent l’étiquette, pas la page ni le site.

Un champ voisin décrit ce qui arrive quand une page est bien pénalisée. IndexingDocjoinerAnchorStatistics.badbacklinksPenalized : « Whether this doc is penalized by BadBackLinks, in which case we should not use improvanchor score in mustang ascorer. » — si ce document est pénalisé au titre des mauvais liens entrants, auquel cas le score d’amélioration par les ancres ne doit pas être utilisé.

Lisez la formulation : la sanction décrite consiste à ne pas bénéficier de l’apport des ancres, pas à retrancher quelque chose. Ne plus gagner et perdre ne sont pas la même opération, et c’est la première qui est écrite.

Une dernière précision de vocabulaire : la structure phraseAnchorSpamInfo est déclarée dépréciée, remplacée par anchorSpamInfo, dont le commentaire dit seulement qu’elle « contains signals and penalties of AnchorSpamPenalizer » — contient les signaux et pénalités d’un pénaliseur d’ancres abusives. La structure qui remplace est donc moins documentée que celle qu’elle remplace.

Cet article détaille un point du chapitre sur les liens et la popularité. Voir aussi ce que vaut un nom de domaine.

Ce qui est documenté, ce qui est déduit, ce qui reste inconnu

Affirmation Statut Source
Le texte de l’ancre est stocké en deux versions, normalisée et d’origine Documenté Commentaires de text et origText
Une empreinte des termes proches du lien est conservée Documenté Commentaire de context2
Le contexte complet, à gauche et à droite du lien, est conservé Documenté Commentaires de fullLeftContext et fullRightContext
Un champ anchorMismatchDemotion existe Documenté Commentaire du champ
Un bon texte d’ancre est pertinent pour la page qui le porte et pour la page visée Documenté Google Search Central, Link best practices, maj 10/12/2025
La détection des ancres abusives repose sur l’identification d’un pic Documenté Commentaire de phraseAnchorSpamInfo
Le début, la fin, le débit quotidien et la concentration du pic sont stockés Documenté Commentaires des champs de IndexingDocjoinerAnchorPhraseSpamInfo
Le compte se fait parmi des domaines uniques Documenté Commentaire de phraseAnchorSpamCount
Les ancres créées pendant le pic sont marquées d’une étiquette dédiée Documenté Commentaire de phraseAnchorSpamInfo
La sanction décrite consiste à ne pas utiliser l’apport des ancres Documenté Commentaire de badbacklinksPenalized
fontsize est stocké sans aucun commentaire Mesuré Relevé des commentaires du dépôt
La détection porte d’abord sur une dynamique, pas sur une proportion Déduit Huit champs sur neuf de la structure sont temporels ou de comptage
« Il ne faut pas dépasser 10 % d’ancres optimisées » Non documenté Aucun seuil, dans aucun champ ni aucune source publique de Google
À partir de quel débit un pic est détecté Non documenté Les champs mesurent, aucun ne donne de seuil
Ce que « décalage » recouvre pour une ancre Non documenté Le champ est nommé, jamais défini

Limites de cet article. Le dépôt décrit l’état d’un système interne au premier trimestre 2024 et n’a pas été mis à jour depuis. La structure la plus détaillée sur les ancres abusives y est déjà déclarée dépréciée, remplacée par une structure au commentaire bien plus court : ce qui est décrit ici est donc, de l’aveu même du dépôt, un état antérieur du mécanisme.

Questions fréquentes

Quelle proportion d’ancres optimisées ne pas dépasser ? Aucun chiffre n’est donné nulle part. Un champ mesure bien la fraction que représentent les expressions abusives dans l’ensemble des ancres d’un document, mais il ne porte aucun seuil, et il arrive après quatre mesures de temps.

Le négative SEO fonctionne-t-il ? Ces documents décrivent un mécanisme qui repère une arrivée massive et concentrée d’ancres abusives et marque celles du pic. Cette construction est cohérente avec l’idée de neutraliser un afflux artificiel plutôt que de sanctionner sa cible. Les documents ne le disent pas en ces termes, et ne garantissent aucun résultat.

Faut-il varier ses ancres ? Rien dans ces champs ne prescrit la variété. Ce qu’ils indiquent, c’est que la répétition d’une même expression, sa vitesse d’apparition et le nombre de domaines distincts concernés sont mesurés ensemble. La lecture prudente est que le rythme compte autant que le contenu.

Mes ancres internes sont-elles concernées ? La structure décrite porte sur les ancres d’un document sans distinguer explicitement l’origine. Un autre champ, isLocal, marque à part les liens dont la source et la cible sont sur le même domaine. Aucun commentaire ne dit si la détection de pic les traite différemment.

Sources

  • Miroir public du client Elixir ContentWarehouse, instantané du 27 mars 2024 — sur github.com
  • Google Search Central, Link best practices for Google, mise à jour du 10 décembre 2025 — sur developers.google.com

Grégory Florin

Expert SEO et auteur sur learnSEO.

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