Le même objet, deux objectifs
Le référencement classique visait une position. Le GEO vise une citation : servir de source à une réponse rédigée. Deux chaînes, deux résultats — c’est de là que viennent les malentendus.
Une question factuelle précède toute stratégie : bien se classer suffit-il à être cité ? Deux mesures publiques y répondent, différemment selon la surface.
Côté assistants IA : le classement ne suffit pas, et de loin
Ahrefs a soumis 15 000 requêtes de longue traîne — longues et précises — à Google et Bing, puis les mêmes à quatre assistants IA : ChatGPT, Gemini, Copilot, Perplexity. Données de début juillet 2025.
« on average—only 12 % of links cited by ChatGPT, Gemini, and Copilot appear in Google’s top 10 » — en moyenne, 12 % seulement des liens cités par ces trois assistants figurent dans le top 10 de Google.
Ce 12 % mérite vérification, parce que les auteurs publient leur calcul : « ((28.6 + 8 + 6.1 + 8.6 + 8.2) / 5) = 11.9% ». Cinq séries, dont Perplexity — 28,6 % de ses citations dans le top 10, contre environ 8 % pour les autres — et ChatGPT compté deux fois. La moyenne inclut donc l’assistant que la phrase de tête laisse de côté. Sans lui, environ 7,7 % : calcul propre.
Et le chiffre qui tranche : « 80 % of those citations don’t rank anywhere in Google for the original query » — 80 % de ces citations ne se classent nulle part sur la requête d’origine.
Réserve déclarée : « we collected this data in early July, so results may have changed » — les résultats peuvent avoir bougé.
Côté AI Overviews : le chiffre qu’on cite est faux d’un facteur deux
Sur les réponses IA de Google, un autre chiffre circule : 52 % des citations viendraient du top 10, présenté comme la preuve que le SEO suffit. Il ne dit pas ça.
L’étude qui le produit — Originality.AI — écrit « 52 % of organic citations come from top-10 results ». Mais elle déclare aussi sa méthode, et c’est là que tout change : « Other citations (52 % of the total, which came from outside the top-100 SERP results) are excluded from this analysis » — les autres citations, 52 % du total, absentes des cent premiers résultats, sont exclues de l’analyse.
Le dénominateur n’est pas « toutes les citations » mais « celles qui se classent quelque part ». Total rétabli :
48 % des citations se classent dans les 100 premiers résultats. Parmi elles, 52 % sont dans le top 10. Soit 0,48 × 0,52 = 25 % de l’ensemble des citations.
Ce calcul est le nôtre. Il ramène les réponses IA de Google au même ordre de grandeur que les assistants : un quart des citations, pas la moitié.
Ce que les deux éditeurs demandent, et ce n’est pas la même chose
La tentation est de chercher une technique spéciale ; la documentation de Google dit l’inverse, deux fois.
Sur le découpage : « There’s no requirement to break your content into tiny pieces for AI to better understand it » — aucune obligation de découper son contenu en tout petits morceaux.
Sur les fichiers techniques : « You don’t need to create new machine readable files, AI text files, or markup to appear in these features » — ni nouveau fichier lisible par machine, ni fichier texte pour l’IA, ni balisage. Attention au contresens : c’est une décharge d’obligation, pas une déclaration de non-usage.
Du côté des assistants, la doctrine publiée est d’une autre nature. OpenAI écrit dans sa FAQ éditeurs : « Any public website can appear in ChatGPT search » — n’importe quel site public peut apparaître, et l’unique consigne qui suit est de ne pas bloquer son robot OAI-SearchBot. Un accès, pas une optimisation.
Ce qui change, ce qui ne change pas
| Ce qui ne change pas | Ce qui change | |
|---|---|---|
| Être trouvable | Une page non explorée n’est citée par personne. | — |
| Le classement | Il reste le meilleur prédicteur disponible sur les réponses IA de Google. | Il ne prédit presque rien sur les assistants : 8 à 28,6 % selon le produit. |
| L’unité jugée | — | Ce n’est plus la page, c’est le passage : un paragraphe qui ne tient pas debout seul perd la sélection sans que la page perde son classement. |
| Le résultat visé | — | Une citation, pas une position : on peut être cité sans être cliqué, et cliqué sans être cité. |
| Les exigences techniques | Aucune obligation nouvelle publiée. | — |
Ce qui est documenté, ce qui est déduit, ce qui reste inconnu
| Affirmation | Statut | Source et périmètre |
|---|---|---|
| Il n’y a aucune obligation de découper son contenu en tout petits morceaux pour l’IA | Documenté | Google, guide d’optimisation pour l’IA |
| Il n’y a ni fichier lisible par machine, ni fichier texte pour l’IA, ni balisage nouveau à créer — décharge d’obligation, pas déclaration de non-usage | Documenté | Google, page « fonctionnalités IA » |
Côté ChatGPT, la seule consigne publiée aux éditeurs est de ne pas bloquer OAI-SearchBot | Documenté | OpenAI, FAQ éditeurs, relevée le 4 septembre 2026 |
| Ahrefs écrit que 12 % en moyenne des liens cités par ChatGPT, Gemini et Copilot sont dans le top 10 de Google — mais sa moyenne porte sur cinq séries, Perplexity comprise (28,6 %) et ChatGPT compté deux fois ; les autres tournent autour de 8 % | Documenté | Ahrefs, formulation, calcul et détail publiés sur la même page — début juillet 2025, 15 000 requêtes, réserve de fraîcheur déclarée |
| Sans Perplexity, la moyenne des quatre séries restantes tombe à environ 7,7 % | Déduit | Calcul propre à partir des cinq valeurs publiées |
| 80 % des citations des assistants viennent de pages hors classement sur la requête d’origine | Observé | Ahrefs, même relevé |
| 52 % des citations d’AI Overviews qui se classent dans les 100 premiers résultats sont dans le top 10 | Observé | Originality.AI |
| La même étude exclut de son calcul 52 % du total, absents des 100 premiers | Documenté | Originality.AI, réserve déclarée |
| Environ 25 % de l’ensemble des citations d’AI Overviews viennent du top 10 | Déduit | Calcul propre : 0,48 × 0,52, à partir des deux chiffres publiés par Originality.AI |
| « La majorité des citations d’AI Overviews vient du top 10 » | Faux | Vrai seulement sur le sous-ensemble qui se classe ; faux sur le total |
| Ce qui, dans un bon classement, cause la citation | Non documenté | — |
Questions fréquentes
Si le classement ne prédit pas la citation, à quoi sert le SEO ? À être trouvable, ce qui reste la condition d’entrée, et à capter les 25 % de citations d’AI Overviews venues du top 10. Ce qui change : il ne suffit plus.
Pourquoi Perplexity cite-t-il trois fois plus de pages du top 10 que les autres ? Le relevé constate l’écart sans l’expliquer. L’hypothèse la plus économique : ces produits n’interrogent pas le même index — mais aucun éditeur ne publie le sien.
Ce qu’il faut retenir
Deux chiffres cadrent le sujet. Sur les assistants IA, 12 % des liens cités sont dans le top 10 de Google — 7,7 % sans Perplexity — et 80 % ne se classent nulle part. Sur les réponses IA de Google, dénominateur rétabli, environ 25 %.
Le classement est donc une condition partielle : nécessaire pour être trouvable, insuffisant pour être choisi. Ce qui reste se joue après la récupération — la qualité du passage, pas la position de la page.
Pour aller plus loin
- Reranking : pourquoi être trouvé par une IA ne suffit pas à être cité
- Query fan-out : comment l’IA de Google découpe votre question
- RRF : pourquoi être 3e sur trois recherches IA bat être 1er sur une seule
- Pourquoi le SEO est le socle du GEO
Sources
- Ahrefs, AI search overlap — 15 000 requêtes, données de début juillet 2025 — ahrefs.com
- Originality.AI, étude sur le classement des citations d’AI Overviews — originality.ai
- Google Search Central, Guide d’optimisation pour l’IA — developers.google.com
- Google Search Central, Fonctionnalités IA dans la recherche Google — developers.google.com
- OpenAI, Publishers and Developers – FAQ, centre d’aide, relevée le 4 septembre 2026 — help.openai.com



