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GEO et SEO : ce qui change, ce qui ne change pas

Le même objet, deux objectifs

Le référencement classique visait une position. Le GEO vise une citation : servir de source à une réponse rédigée. Deux chaînes, deux résultats — c’est de là que viennent les malentendus.

Une question factuelle précède toute stratégie : bien se classer suffit-il à être cité ? Deux mesures publiques y répondent, différemment selon la surface.

Bien se classer suffit-il a etre citeSur les assistants IA, 12 pour cent des liens cites figurent dans le top 10 de Google, 7,7 pour cent si l’on sort Perplexity de la moyenne. Sur les reponses IA de Google, denominateur retabli, environ 25 pour cent. Part des citations qui viennent du top 10 de Google Assistants IA — moyenne publiée 12 % Assistants IA — sans Perplexity (calcul propre) 7,7 % Réponses IA de Google — dénominateur rétabli ≈ 25 % échelle : 30 % des citations
Part des citations issues du top 10 de Google, par surface. Assistants IA : 12 % en moyenne publiée par Ahrefs (données de début juillet 2025, 15 000 requêtes), 7,7 % en sortant Perplexity de cette moyenne — calcul propre. Réponses IA de Google : environ 25 %, dénominateur rétabli à partir des deux chiffres publiés par Originality.AI. Échelle 0-30 %.

Côté assistants IA : le classement ne suffit pas, et de loin

Ahrefs a soumis 15 000 requêtes de longue traîne — longues et précises — à Google et Bing, puis les mêmes à quatre assistants IA : ChatGPT, Gemini, Copilot, Perplexity. Données de début juillet 2025.

« on average—only 12 % of links cited by ChatGPT, Gemini, and Copilot appear in Google’s top 10 » — en moyenne, 12 % seulement des liens cités par ces trois assistants figurent dans le top 10 de Google.

Ce 12 % mérite vérification, parce que les auteurs publient leur calcul : « ((28.6 + 8 + 6.1 + 8.6 + 8.2) / 5) = 11.9% ». Cinq séries, dont Perplexity — 28,6 % de ses citations dans le top 10, contre environ 8 % pour les autres — et ChatGPT compté deux fois. La moyenne inclut donc l’assistant que la phrase de tête laisse de côté. Sans lui, environ 7,7 % : calcul propre.

Et le chiffre qui tranche : « 80 % of those citations don’t rank anywhere in Google for the original query » — 80 % de ces citations ne se classent nulle part sur la requête d’origine.

Réserve déclarée : « we collected this data in early July, so results may have changed » — les résultats peuvent avoir bougé.

Côté AI Overviews : le chiffre qu’on cite est faux d’un facteur deux

Sur les réponses IA de Google, un autre chiffre circule : 52 % des citations viendraient du top 10, présenté comme la preuve que le SEO suffit. Il ne dit pas ça.

L’étude qui le produit — Originality.AI — écrit « 52 % of organic citations come from top-10 results ». Mais elle déclare aussi sa méthode, et c’est là que tout change : « Other citations (52 % of the total, which came from outside the top-100 SERP results) are excluded from this analysis » — les autres citations, 52 % du total, absentes des cent premiers résultats, sont exclues de l’analyse.

Le dénominateur n’est pas « toutes les citations » mais « celles qui se classent quelque part ». Total rétabli :

48 % des citations se classent dans les 100 premiers résultats. Parmi elles, 52 % sont dans le top 10. Soit 0,48 × 0,52 = 25 % de l’ensemble des citations.

Ce calcul est le nôtre. Il ramène les réponses IA de Google au même ordre de grandeur que les assistants : un quart des citations, pas la moitié.

Le denominateur exclu de l’etudeSur cent citations d’AI Overviews, 52 viennent de pages absentes des cent premiers resultats et sont exclues du calcul. Sur les 48 restantes, 52 pour cent sont dans le top 10, soit environ 25 citations sur cent. 100 citations d’AI Overviews 52 hors des 100 premiers résultats 48 classées dans les 100 premiers exclues de l’analyse 52 % du sous-ensemble 48 % restants = 25 citations sur 100, et non la moitié 0,48 × 0,52 ≈ 25 %. Le chiffre de 52 % porte sur le sous-ensemble qui se classe, pas sur le total.
Le dénominateur exclu par l’étude Originality.AI : sur cent citations d’AI Overviews, 52 viennent de pages absentes des cent premiers résultats et sortent du calcul ; les 52 % annoncés portent sur les 48 restantes, soit environ 25 citations sur cent. Proportions respectées.

Ce que les deux éditeurs demandent, et ce n’est pas la même chose

La tentation est de chercher une technique spéciale ; la documentation de Google dit l’inverse, deux fois.

Sur le découpage : « There’s no requirement to break your content into tiny pieces for AI to better understand it » — aucune obligation de découper son contenu en tout petits morceaux.

Sur les fichiers techniques : « You don’t need to create new machine readable files, AI text files, or markup to appear in these features » — ni nouveau fichier lisible par machine, ni fichier texte pour l’IA, ni balisage. Attention au contresens : c’est une décharge d’obligation, pas une déclaration de non-usage.

Du côté des assistants, la doctrine publiée est d’une autre nature. OpenAI écrit dans sa FAQ éditeurs : « Any public website can appear in ChatGPT search » — n’importe quel site public peut apparaître, et l’unique consigne qui suit est de ne pas bloquer son robot OAI-SearchBot. Un accès, pas une optimisation.

Ce qui change, ce qui ne change pas

Ce qui ne change pasCe qui change
Être trouvableUne page non explorée n’est citée par personne.
Le classementIl reste le meilleur prédicteur disponible sur les réponses IA de Google.Il ne prédit presque rien sur les assistants : 8 à 28,6 % selon le produit.
L’unité jugéeCe n’est plus la page, c’est le passage : un paragraphe qui ne tient pas debout seul perd la sélection sans que la page perde son classement.
Le résultat viséUne citation, pas une position : on peut être cité sans être cliqué, et cliqué sans être cité.
Les exigences techniquesAucune obligation nouvelle publiée.

Ce qui est documenté, ce qui est déduit, ce qui reste inconnu

AffirmationStatutSource et périmètre
Il n’y a aucune obligation de découper son contenu en tout petits morceaux pour l’IADocumentéGoogle, guide d’optimisation pour l’IA
Il n’y a ni fichier lisible par machine, ni fichier texte pour l’IA, ni balisage nouveau à créer — décharge d’obligation, pas déclaration de non-usageDocumentéGoogle, page « fonctionnalités IA »
Côté ChatGPT, la seule consigne publiée aux éditeurs est de ne pas bloquer OAI-SearchBotDocumentéOpenAI, FAQ éditeurs, relevée le 4 septembre 2026
Ahrefs écrit que 12 % en moyenne des liens cités par ChatGPT, Gemini et Copilot sont dans le top 10 de Google — mais sa moyenne porte sur cinq séries, Perplexity comprise (28,6 %) et ChatGPT compté deux fois ; les autres tournent autour de 8 %DocumentéAhrefs, formulation, calcul et détail publiés sur la même page — début juillet 2025, 15 000 requêtes, réserve de fraîcheur déclarée
Sans Perplexity, la moyenne des quatre séries restantes tombe à environ 7,7 %DéduitCalcul propre à partir des cinq valeurs publiées
80 % des citations des assistants viennent de pages hors classement sur la requête d’origineObservéAhrefs, même relevé
52 % des citations d’AI Overviews qui se classent dans les 100 premiers résultats sont dans le top 10ObservéOriginality.AI
La même étude exclut de son calcul 52 % du total, absents des 100 premiersDocumentéOriginality.AI, réserve déclarée
Environ 25 % de l’ensemble des citations d’AI Overviews viennent du top 10DéduitCalcul propre : 0,48 × 0,52, à partir des deux chiffres publiés par Originality.AI
« La majorité des citations d’AI Overviews vient du top 10 »FauxVrai seulement sur le sous-ensemble qui se classe ; faux sur le total
Ce qui, dans un bon classement, cause la citationNon documenté

Questions fréquentes

Si le classement ne prédit pas la citation, à quoi sert le SEO ? À être trouvable, ce qui reste la condition d’entrée, et à capter les 25 % de citations d’AI Overviews venues du top 10. Ce qui change : il ne suffit plus.

Pourquoi Perplexity cite-t-il trois fois plus de pages du top 10 que les autres ? Le relevé constate l’écart sans l’expliquer. L’hypothèse la plus économique : ces produits n’interrogent pas le même index — mais aucun éditeur ne publie le sien.

Ce qu’il faut retenir

Deux chiffres cadrent le sujet. Sur les assistants IA, 12 % des liens cités sont dans le top 10 de Google — 7,7 % sans Perplexity — et 80 % ne se classent nulle part. Sur les réponses IA de Google, dénominateur rétabli, environ 25 %.

Le classement est donc une condition partielle : nécessaire pour être trouvable, insuffisant pour être choisi. Ce qui reste se joue après la récupération — la qualité du passage, pas la position de la page.

Pour aller plus loin

Sources

  1. Ahrefs, AI search overlap — 15 000 requêtes, données de début juillet 2025 — ahrefs.com
  2. Originality.AI, étude sur le classement des citations d’AI Overviews — originality.ai
  3. Google Search Central, Guide d’optimisation pour l’IAdevelopers.google.com
  4. Google Search Central, Fonctionnalités IA dans la recherche Googledevelopers.google.com
  5. OpenAI, Publishers and Developers – FAQ, centre d’aide, relevée le 4 septembre 2026 — help.openai.com

Grégory Florin

Expert SEO et auteur sur learnSEO.

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